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Quel pourcentage de femmes ne portent pas de sous-vêtements ?

femme sans sous vetement

Vous l’avez peut-être remarqué un matin, devant votre armoire, cette hésitation. Enfiler ce soutien-gorge qui attend sagement dans le tiroir, ou passer outre, juste pour voir. Peut-être que vous l’avez testé un jour de télétravail, cette sensation de liberté inattendue. Ou alors vous connaissez cette amie qui a franchi le cap et ne jure plus que par le confort retrouvé. Ce qui semblait impensable il y a quelques années devient aujourd’hui une réalité de plus en plus visible. Les chiffres le confirment : nous assistons à un basculement discret mais bien réel dans le rapport des femmes à leurs sous-vêtements. Ce n’est pas une lubie passagère, c’est un mouvement de fond qui interroge nos habitudes, nos contraintes vestimentaires et notre relation au corps. Nous avons plongé dans les données récentes pour comprendre qui sont ces femmes qui disent non au soutien-gorge, pourquoi maintenant, et ce que cela révèle sur notre époque.

Les chiffres qui bousculent les idées reçues

L’étude Ifop menée en juin 2022 auprès de plus de 5000 Européennes dessine un paysage surprenant. En France, 6% des femmes ont totalement abandonné le soutien-gorge au quotidien, contre 3% seulement deux ans plus tôt, avant le premier confinement. Mais c’est chez les jeunes que le phénomène prend toute son ampleur : 13% des 18-24 ans ne portent jamais de soutien-gorge. Un chiffre qui grimpe même à 18% dans les études les plus récentes de 2025. Ce qui frappe, c’est la comparaison avec le reste de l’Europe. La France devient la championne du mouvement, loin devant ses voisines.

Pays Ensemble des femmes Femmes de 18-24 ans
France 6% 13%
Espagne 3%
Italie 2%
Royaume-Uni 1%
Allemagne 1%
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Pourquoi la France se distingue-t-elle autant ? Pourquoi ce décalage si net avec l’Allemagne ou le Royaume-Uni où à peine 1% des jeunes femmes osent franchir le pas ? La question mérite qu’on s’y attarde, car elle en dit long sur nos cultures vestimentaires respectives. Mais avant d’analyser les raisons, il faut remonter au moment où tout a basculé.

Le confinement, cet électrochoc inattendu

En avril 2020, au cœur du premier confinement, un chiffre explose : 20% des jeunes femmes abandonnent le soutien-gorge. Vous vous en souvenez peut-être, ces semaines interminables en pyjama, ces visioconférences où seul le haut comptait, ce temps suspendu où les codes habituels n’avaient plus lieu d’être. Beaucoup ont alors redécouvert leur corps sans contrainte, testé cette liberté de mouvement oubliée. Et contrairement à ce qu’on aurait pu croire, le retour à la normale n’a pas tout effacé.

Certes, le pourcentage a légèrement reculé après la réouverture, mais il reste trois fois plus élevé qu’avant la crise sanitaire. C’est là que se situe le véritable tournant : ce qui devait être une parenthèse s’est transformé en déclic. Beaucoup se sont simplement demandé pourquoi elles s’imposaient cela avant. Pourquoi cette armature métallique, ces bretelles qui marquent les épaules, cette sensation d’être sanglée dès le matin ? Le confinement n’a pas créé une nouvelle mode, il a juste levé le voile sur des pratiques qu’on subissait sans les questionner. Et ce questionnement n’a pas disparu avec le déconfinement.

Qui sont vraiment ces femmes qui disent non aux sous-vêtements

Le portrait robot de la femme sans soutien-gorge échappe aux clichés faciles. Oui, les données montrent que les femmes avec un bonnet A sont surreprésentées, avec environ une sur six qui renonce au soutien-gorge. On pourrait s’arrêter là et conclure que c’est une affaire de petites poitrines. Sauf que les chiffres révèlent une réalité plus subtile : 78% des femmes portant des implants mammaires sont déjà sorties sans soutien-gorge. Le paradoxe interpelle.

Un autre élément retient l’attention : 19% des femmes qui se trouvent jolies ont abandonné le soutien-gorge, contre seulement 5% de celles qui ne se trouvent pas jolies. Ce lien entre confiance en soi et liberté vestimentaire n’a rien d’anodin. Il suggère que le choix de ne pas porter de soutien-gorge n’est pas qu’une question de morphologie ou d’âge. C’est avant tout un rapport au corps, une manière d’habiter son apparence et d’affronter le regard des autres. Les jeunes urbaines des catégories socioprofessionnelles supérieures sont plus nombreuses à franchir le pas, mais le mouvement touche des profils variés qui ont tous en commun une certaine forme d’assurance.

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Entre confort revendiqué et malaise persistant

Nous touchons ici au cœur de la contradiction. 80% des Européennes qui ne portent pas de sous-vêtements disent le faire pour se sentir à l’aise et sexy. Un choix personnel, assumé, qui relève du bien-être. Pourtant, dans le même temps, 48% des Français estiment qu’une femme sans soutien-gorge risque davantage le harcèlement. Le contraste est brutal, presque violent. D’un côté, une liberté recherchée. De l’autre, un poids social qui pèse comme une menace.

Le plus glaçant reste à venir : 20% des Français considèrent les tétons apparents comme une circonstance atténuante en cas d’agression. Voilà où nous en sommes. Une femme qui fait le choix du confort devient, dans l’esprit d’une partie de la population, partiellement responsable de ce qui pourrait lui arriver. Ce décalage explique pourquoi le mouvement reste timide dans certains contextes : seulement 14% des femmes osent aller au travail sans soutien-gorge. L’intime et le public ne fonctionnent pas selon les mêmes règles. Entre les quatre murs de chez soi, la liberté s’exprime. Dans l’espace social, elle se heurte à des regards qui jugent, anticipent, menacent.

Ce que révèle ce basculement sur notre époque

Au-delà des pourcentages, ce mouvement raconte quelque chose de notre époque. Il s’inscrit dans une série d’évolutions plus larges : le body positive qui gagne du terrain, le rejet des injonctions esthétiques, cette quête d’authenticité qui traverse les discourses sur le corps et l’apparence. Mais attention aux lectures trop enthousiastes. L’industrie de la lingerie, elle, n’a jamais autant misé sur le confort sexy, cette promesse d’un soutien-gorge qui serait à la fois libérateur et séduisant. La contradiction persiste.

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Et puis, regardons les profils : ce sont surtout les jeunes, les urbaines, les femmes diplômées qui embrassent cette tendance. Qu’en est-il des autres ? Le mouvement dessine une géographie sociale et générationnelle qui ne touche pas tout le monde de la même manière. Ce que ces statistiques racontent vraiment, c’est un rapport au corps en pleine mutation, des générations qui refusent de subir les mêmes codes que leurs mères. Mais ce changement reste encore l’apanage d’une partie de la population, celle qui a les moyens symboliques et sociaux de s’affranchir des normes sans trop de risques.

Porter ou ne pas porter : une fausse question

Parlons franchement. Une autre étude révèle que 21% des femmes ne changent pas de culotte tous les jours. Cette statistique, aussi provocante soit-elle, rappelle que le rapport aux sous-vêtements ne se résume pas à un simple choix binaire entre porter ou ne pas porter. C’est un ensemble de pratiques complexes, intimes, qui varient selon les jours, les humeurs, les contextes. Personne ne vit son corps de manière uniforme.

La vraie question n’est pas de compter combien de femmes renoncent au soutien-gorge. C’est de comprendre pourquoi cela dérange encore autant. Pourquoi cette pratique fait-elle l’objet d’études, d’articles, de débats, alors qu’on ne compte jamais les hommes qui font des choix similaires ? Le simple fait de mesurer, de quantifier, de scruter ces décisions vestimentaires est déjà révélateur. Il dit que le corps des femmes reste un territoire sous surveillance, où chaque écart à la norme mérite d’être noté, analysé, commenté. Peut-être que le jour où personne ne se demandera plus quel pourcentage de femmes portent ou non des sous-vêtements, nous aurons vraiment avancé.

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